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Old June 10th, 2012 #11
Julie Couronne
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Default Théorisation économique du fascisme

Voila un thème, j'en ai conscience, particulièrement délicat à traiter car biaisé par les effets de l’analyse marxiste du fascisme - selon lui le stade ultime du capitalisme. Or au cœur des idéologies fascistes s’est toujours tenue la dénonciation de la réduction de l’homme à l’économique ; et le fascisme ne peut être rattaché particulièrement à un système de production particulier, précisément parce qu’il ne fait pas de l’économique la tâche principale de la société. L’ordre mondial étant depuis 1945 symétriquement bipolarisé entre les matérialismes capitaliste et marxiste, les combattre est pour le fasciste, exclus du système politique, tâche dialectique complexe

Sur un plan théorique il convient avant tout de bien démarquer « fascisme » et « extrême-droite » , cette lignée sociale qui par anti-communisme primaire est devenue une logomachique défense du néo-libéralisme : de tristes sires tels que Patrick Devedjian Alain Madelin, Hervé Novelli, Claude Goasguen ou Gérard Longuet, anciens membres du groupe activiste Occident fondé par Pierre Sidos, en sont des exemples criants. Ces personnes ont dénaturé la biologie en inventant de toutes pièces la fallacieuse notion de « darwinisme social », avec les résultats que l’on sait.

La thèse fondamentale du libéralisme économique est que l’organisation de la production et des échanges est une affaire individuelle, et donc que libre échange et libre concurrence doivent déboucher sur un ordre social équilibré et juste. La critique communiste du libéralisme économique repose pour sa part sur le constat que le libéralisme conduit toujours à des sociétés inégalitaires, car ne tenant pas compte du fait que la liberté et l'égalité formelles ne suffisent pas si l'égalité des chances n'est pas instaurée et maintenue, et donc finissent nécessairement par générer de troubles sociaux : et la réponse du patronat aux légitimes revendications des masses ouvrières est toujours l’immigration. Les initiatives individuelles doivent donc être contrôlées, mais non pas interdites comme dans les pays communistes où elles étaient condamnées au nom de « l’individualisme » et du « culte de la personnalité », pour assurer le bien-être commun. Les fascistes, en tant que socialistes étymologiques, refusent donc l’individualisme économique, mais non le dynamisme professionnel individuel : le fascisme se présente comme une doctrine sociale en dépassant le principe de la lutte des classes, et en résolvant les conflits d’intérêts, par une assimilation de l’individu à la collectivité – par exemple, en instaurant une limitation, un plafond indépassable, à la richesse personnelle. En France ce procédé existe déjà pour des fonctionnaires tels les trésoriers des Trésoreries Principales, qui ont leurs primes trimestrielles plafonnées : le recouvrement de l’impôt n’en marche pas plus mal pour autant.

Dans la pratique, le contrôle économique et politique instauré par des régimes fascistes empêche les grands monopoles financiers en favorisant une élite politique pour qui l’Etat est non seulement une communauté culturelle, mais aussi raciale (toute immigration chromatoderme s’en trouve de ce fait exclue), Etat pour lequel l’économie est un outil à manier au service du peuple. Les inégalités naturelles entre les femmes et les hommes d’une même nation ne doit pas justifier l’exploitation d’un groupe par un autre, pas plus qu’aboutir à un nivellement forcé au plus bas niveau racial, mais à une judicieuse répartition des tâches tenant scrupuleusement compte des différences de valeur des individus. Selon la doctrine inégalitaire du fascisme, le respect des psychismes individuels sera assuré en laissant libre cours à ceux qui considèrent que le travail est le centre de leur vie, mais en les empêchant – comme ils en ont trop souvent tendance ! – à imposer ce paradigme au reste de la population. La seule obligation commune sera « travailler pour vivre », mais certainement pas « vivre pour travailler » !

La diversification industrielle devra être continentale et soigneusement orchestrée, avec une attention particulière à la spécificité régionale : la société de l'Europe Continentale retrouvera, comme au Moyen-Âge, une économie subordonnée à un ensemble de normes, coutumes, traditions acceptées comme telles, mais qui grâce aux apports de la Science interdira toutes famine ou épidémie comme autrefois. Il s’agira donc, comme en politique, d’une Troisième Voie qui ne sera ni l’économie libérale de la ploutocratie, ni l’économie planifiée des dictatures soviétiques. Par son attachement à l’ensemble d’idées, de doctrines, de mœurs, de pratiques, de connaissances, de techniques, d’habitudes et d’attitudes transmis de génération à génération aux membres de chaque nation d’Europe, cette économie subordonnée pourra également être appelée économie racialiste.
Le développement de l’économie ne s’accompagnant plus d’une amélioration de l’organisation sociale, cette situation appelle un bouleversement de notre manière de voir : il faut développer de nouveaux outils conceptuels et repenser totalement notre manière de produire, d’embaucher, de faire travailler, de financer, de distribuer, de transporter, etc… la fascisation de l’économie consistera à donner la priorité à la multitude d’éléments non monétaires et sans substance physique constituée par les informations et connaissances détenues, et ayant une valeur positive pour le peuple. Cette économie prendra donc notamment en compte le capital immatériel de chaque pays (propriété intellectuelle, brevets, marques, dessins et modèles, bases d’information, gestion des connaissances, archives, patrimoine historique) qui par l’extension des usages de l’informatique prend de plus en plus d’importance dans la vie des peuples. Elle sera donc subordonnée à la créativité, considérée comme un actif immatériel, et ne s’appréciant pas seulement par le passé historique et le présent de sa race, mais aussi par sa capacité de projection vers de nouveaux marchés.

L’utilisation la plus efficace du travail et de ce capital spirituel, ainsi que la disponibilité des ressources, devront être évaluées sur une base globale et à long terme. Un tel système ne peut pas être laissé à la merci des intérêts personnels ou nationaux étroits, mais doit s’appuyer sur des arrangements économiques européens de longue portée et à but autarcique. Les réformes fascistes de l’économie d’une démocratie seront donc à percevoir, selon un discours viable et audible, comme une « révolution par le haut » combinant une volonté de progrès et la consolidation d’une bienveillante autorité hiérarchique, selon le mot d'ordre de Joseph II du Saint-Empire : « Tout pour le peuple ; rien par le peuple »

Dans cette optique, la monnaie-métal sera appelée à disparaître pour être remplacée par la monnaie dématérialisée, la seule n’existant que par son rôle social. Un système monétaire basé sur un métal précieux, en matérialisant la monnaie, la rend propice à la spéculation car l’or ne vaut que par sa rareté (la totalité de l'or extrait depuis 6000 ans représente seulement le volume d'un cube de 20 m de côté) étant trop lourd et ductile pour avoir une quelconque valeur d’usage. La monnaie dématérialisée en revanche, dépourvue de valeur propre puisque totalement abstraite, est la seule à pouvoir réellement symboliser le fruit du travail productif d’un peuple : sans celui-ci, elle disparaît purement et simplement.

Ainsi la monnaie ne pourra plus être un moyen d'enrichissement : c’est que dans notre système économique reposant sur le droit de propriété privée des actifs financiers et industriels, la monnaie a le pouvoir de rapporter d'autre monnaie, permettant à son propriétaire de percevoir un revenu par le seul fait de sa richesse. Or l'intérêt et le profit proviennent nécessairement du travail d'autrui, et en se transformant en capital financier la monnaie spéculative accorde à son propriétaire le pouvoir de capter une part de la richesse produite par le travail d'autrui, jouant par l'intermédiaire de l'intérêt et du profit un rôle d'instrument de captation et de transfert de richesse, et assurant la fonction de moyen d'enrichissement privé. La fascisation de l’économie s’attachera donc à ôter à la monnaie toute valeur spéculative en la restreignant de façon stricte à ses seules fonctions opératives, au nombre de trois :

- unité de compte ou de valeur : unité de mesure commune permettant de fixer les prix, de déterminer les valeurs marchandes.

- intermédiaire des échanges : plus facile que le troc, c'est là sa fonction la plus courante; elle est distribuée par l'intermédiaire des revenus et chacun l'utilise pour l'échanger contre des biens ou des services.

- réserve de valeur : rendant possible l'utilisation différée dans le temps de la valeur d'échange précitée.